La première fois qu’on m’a demandé ce que je pens…
La première fois qu’on m’a demandé ce que je pensais du fait de tenter de rassurer un chien en le caressant, j’avais lu que c’était mauvais car cela pouvait renforcer la peur (la caresse pouvant être une récompense) mais je ne m’étais pas fait d’idée là-dessus. C’était un sujet parmi les très nombreux sujets qu’il me restait à essayer de décortiquer un peu.

Puis, on m’a posé la question de nouveau avec une première réflexion. Les personnes observaient leur chien chez le vétérinaire qui se calmait sous leurs caresses. La première réaction n’était donc pas "avoir + peur" mais au contraire "avoir - peur".

Enfin, j’ai décidé de réfléchir à cette question... et j’ai lu quelques articles. L’un des points qui m’a paru intéressant est l’écart entre le comportement et l’émotion. Le comportement, c’est ce que l’on voit. Le chien court de partout par exemple. C’est un comportement. L’émotion, c’est invisible, c’est ce que le chien ressent. Par exemple, l’excitation. Il n’y a pas un comportement unique "excitation", mais l’excitation peut produire des tas de comportement... Tout comme l’émotion "peur" qui a un spectre de comportement très large puisque l’on peut se retrouver avec un chien qui fuit, un chien qui se fige, un chien qui cherche à faire fuir,...

On ne peut pas mettre côte à côte un comportement et une émotion, car si on demande au chien "assis" après l’avoir renforcer, il peut s’asseoir. Si on lui demande "ait peur", ça ne marchera pas. L’émotion est spontanée, elle n’est pas contrôlée.

Le deuxième point qui m’a fait beaucoup réfléchir est l’émotion durant l’apprentissage. Peut-on apprendre à un chien qui est en pleine crise de panique, par exemple, un nouveau comportement ? Si vous vous posez la question, la réponse est non. Quand un chien panique, arriver simplement à attirer son attention et à la conserver, c’est très difficile, donc le faire réfléchir... on n’y pense même pas. Ce n’est pas le moment de sortir le clicker pour faire une séance de shaping.

Le problème c’est que si on ne peut pas apprendre un nouveau comportement quand le chien est pris trop profondément dans la peur, comment pourrait-il apprendre que ses comportements sont bons ? L’émotion en elle-même parasite totalement l’apprentissage.

Les chiens apprennent pourtant, puisque certains apprennent à "faire fuir" mais le résultat de "faire fuir" (ou de "fuir" d’ailleurs) c’est que la source de la peur s’en va et le chien s’apaise... Il a résolu son émotion. Donc effectivement, la motivation est grande (faire disparaitre cette émotion) et le résultat directement lié au problème,... Par contre, apprendre "imiter les comportements de peur" et "les donner dans les bonnes circonstances", ça ne lui sert à rien. Ça lui permettrait de gagner une caresse ? Certes, mais c’est très loin d’être très motivant, le comportement est complexe et ça ne résous pas le problème actuel du chien qui occupe visiblement ses pensées... Donc ce n’est pas un apprentissage logique.

Le troisième point qui m’a embêté, c’est justement "les caresses" (ou "prendre dans les bras"). Les caresses ne sont pas forcément vécues comme une récompense et tous les chiens ne sont pas prêts à tenter de nouveau comportement pour en obtenir. Je trouvais donc qu’en plus des circonstances absolument pas faites pour l’apprentissage, la récompense de la caresse n’était vraiment pas assez fiable pour qu’on puisse l’accuser de surmotiver le chien à tel point qu’il devient une star du cinéma imitant la terreur à la perfection... et je me refuse de croire que l’on parvient réellement à renforcer la peur par quelque chose de positif.

Il n’y a qu’une façon d’augmenter la peur... Rajouter des choses inquiétantes. Rajouter des croquettes, des caresses, des mots doux ou tout ce que vous voulez de sympa, ça n’empire pas la situation
Résultat des courses, qu’est-ce qu’on peut faire quand son chien a peur ?
- S’éloigner de ce qui l’inquiète pour respecter les distances de confort
- Parler tranquillement, sur un ton apaisant

Ce qui est une forme de récompense, puisque quand on s’éloigne, on permet au chien de se sentir mieux. Ensuite on peut choisir d’effectuer une association positive (par exemple), on change alors l’émotion du chien en faisant en sorte que ce qui fait peur soit anticipé d’une façon différente. Au lieu d’annoncer quelque chose de désagréable, ce "truc" qui fait peur annoncera quelque chose d’agréable... L’émotion va donc évoluer peu à peu.

Mais cette association positive, on ne peut pas la faire quand le chien panique totalement parce que, généralement, il refuse les friandises qui n’ont aucune valeur à ce moment précis. Une preuve de plus sur la capacité d’apprendre, quelque chose de complexe, quand le chien est perdu dans son émotion...

A présent, quand on me pose la question je dis qu’il n’y a aucun risque de renforcer la peur. On peut renforcer "faire fuir", on peut renforcer des mauvais comportements mais la peur en elle-même, non. Donc mieux vaut être là pour son chien, prendre la peine de l’aider à retourner au calme plutôt que de l’ignorer totalement alors qu’il a justement besoin de nous... Par contre, il ne s’agit pas de paniquer avec lui, ce qui n’aurait vraiment rien d’intéressant !
Maelyse

Maelyse

Tiens, ton article me fait vraiment réagir. Je ne voyais pas les choses comme ça. Va falloir que je réfléchisse bien à tout ça, mais tu m'a l'air d'avoir raison, même si j'ai un petit doute :p Je ne veux pas te contredire, j'essaye juste de comprendre :)
lutin2706

lutin2706

J'avais aussi déjà lu qu'il ne fallait pas caresser son chien quand il a peur, pour ne pas renforcer ce "comportement" (qui n'en est pas un en réalité, comme tu l'expliques très bien). Sans avoir de base psychologique, ça me paraissait quand même bancal comme idée. Par contre, quand mon chien précédent paniquait à cause de pétards, feux d'artifices ou manifestations, je continuais à vivre ma vie tranquillement, pour lui montrer que tout allait bien et qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter. Bon, ça n'a jamais fonctionné, mais je ne sais pas si il y avait dans ces moments-là quelque chose à faire ... Peut-être aurais-je dû aller près de lui et le caresser en lui parlant doucement ? Je ne sais pas ...
Céline

Céline

Lorsqu'on a un chien qui panique lors de feux d'artifices ou d'orages par exemple, je ne conseille pas forcément d'aller à son contact mais plutôt de regarder ce qu'il veut. Si c'est se blottir dans un coin et ne plus bouger, ok, on le laisse dans un coin. Si c'est être contre nous, il n'y a pas de raison de refuser ce contact. Par contre, après le "moment délicat", c'est bien de travailler sur ce genre de problème. On peut bosser là dessus de façon douce pour amener le chien a avoir moins peur ...
lutin2706

lutin2706

A l'époque, je dois avouer que je ne m'étais pas renseignée. Je le laissais dans son coin, et vaquais à mes occupations habituelles, en faisant bien attention à ne pas le laisser sortir ... Je n'ai pas cherché à travailler là-dessus, malheureusement pour elle ... Maintenant, paix à son âme, Callie s'en est allée au ciel.
sylvha67

sylvha67

Mon chien avait très peur des explosions et des bruits violent quand je l'ai adopté et le fait de l'exposé à ces bruits avec moi à côté qui faisait semblant de rein a très bien fonctionné, après quelques mois elle n'avait plus peur du tout