On adopte une boule de poil ou un chien déjà bien…
On adopte une boule de poil ou un chien déjà bien vaillant avec une certaine utopie en tête. Avec mon chien je ferais ceci ou cela... Puis la réalité nous rattrape, les flaques de pipi, le chien suspendu au bout de sa laisse en train de s’étrangler pour que ça aille plus vite, les aboiements qui dérangent tout le quartier... Bref, un chien, ça s’éduque et on n'adopte pas un chien parfait, mais un chien qui a le potentiel de devenir parfait à nos yeux (sauf erreur de casting).

Mais malgré tout ça, nous avons, parfois avec un peu de travail, l’occasion de vivre notre "utopie". Pour certains, il s'agit de sortir son chien en liberté totale, sans se poser la moindre question. Pour d’autres, c’est d’enfiler des petits manteaux à son chien et de réaliser des photos tellement mignonne. Pour d’autres encore, c’est de concourir et de recevoir des prix.

Seulement, autant que nous puissions aimer nos chiens, nous pouvons les aimer mal. La première des questions à se poser est peut-être : Ai-je réellement compris les besoins de mon chien ?

Parmi les besoins du chien, il y a les besoins basiques, tels que manger, boire, dormir... Mais il y a également "être en sécurité".

Non, on ne détache pas un chien qui ne sait pas revenir au rappel dans un endroit où il pourra causer du tort à autrui ou se mettre directement en danger. Car se faire renverser par une voiture, se perdre, se retrouver face à un chien agressif,... ce n’est pas ce que l’on peut souhaiter au chien que l’on aime. Pour respecter son envie de courir, il existe certains sports qui pourraient le combler (cani-cross, cani-vtt,...). Pour respecter son envie d’explorer, il existe certains équipements qui peuvent lui laisser de la place (sortie en longe,...). Et bien-sûr, nous pouvons lui apprendre le rappel, de manière à ce que ses besoins (sécurité, se défouler, explorer,...) soient correctement remplis.

Il y a également des besoins qui peuvent sembler plus indirects. Par exemple, un jeune chiot apprend les codes canins, puis il apprend à les utiliser face à ses congénères, puis il peut se débrouiller lorsqu’il rencontre d’autres chiens. Bien-sûr, on peut penser à la sécurité et ne pas vouloir laisser partir son chiot dans le "grand bain". Mais le chien est une espèce qui aime rencontrer ses congénères. Il n’est pas normal de croiser des chiens qui n’ont pas l’occasion d’apprendre à communiquer, qui n’ont pas la chance de pouvoir rencontrer des congénères et qui sous-prétexte de protection n’ont parfois même pas le droit d’utiliser leurs pattes. Si l’on ose faire un parallèle avec un enfant, cela voudrait dire qu’on ne lui apprend pas à parler, qu’on ne lui permet pas de voir d’autres personnes que nous et qu’en prime, on le portera toute sa vie. Cela parait délirant non ?

Respecter et aimer correctement son animal, c’est également lui permettre de vivre sa vie d’animal. Autrement dit, de pouvoir renifler par terre, même si ce n’est pas très propre, de pouvoir aller voir d’autres chiens, de pouvoir communiquer avec et de pouvoir satisfaire ses multiples besoins. Bien-sûr, si le chien est habitué à ne pouvoir accéder à tout ça, il présente surement des troubles du comportement et de l’angoisse. De l’amour qui crée de l’angoisse, un comble non ? Heureusement, il est possible de prévenir ces situations en se rendant compte des besoins de son chien tout en pouvant malgré tout le protéger car rencontrer des congénères ça ne veut pas dire rencontrer n’importe quels congénères dans n’importe quelles conditions. Et on peut également, une fois que le mal est fait, tout faire pour le soigner, mais il faut arriver à comprendre que ce n’est pas un comportement "normal", que ce n’est pas le "mieux" pour le chien et qu’il y a réellement des solutions.

Et puis, pour aimer correctement son animal, il faut avoir conscience qu’il est un individu à part entière et qu’il n’est pas forcément amoureux de vos projets de départ. Il ne faut adopter un chien pour en faire un champion d’agility, pour en faire un chien visiteur du tonnerre, pour en faire un chien régulateur génialissime, pour... parce qu’il n’aimera peut-être simplement pas ça. En tant qu’individu, il aura ses forces et ses faiblesses et ce sera à vous de l’accompagner dans son évolution pour qu’il soit bien dans ses pattes, mais attention à ne pas non plus chercher à dépasser ses capacités et à l’user mentalement.

Vous avez bien compris les besoins de votre chien ? Alors, les respectez vous ? Quand vous choisissez de passer 15 minutes à faire une séance d’éducation au clicker (pour le défouler mentalement par exemple), vous demandez vous avant s’il ne serait pas plus heureux de passer 15 minutes à explorer ?

Si vous vous posez ce genre de question, il y a bien des chances que votre amour ne soit pas un poids pour votre chien. Si à la place, vous commencez à vous demander si votre chien préfère la robe rouge à la robe bleu, du même modèle, vous êtes peut-être hors-sujet.

Aimez-le. Aimez-le aussi fort que vous le voulez. Mais faites de votre amour un atout pour lui et pas un poids ! ;)
max.mtl
max.mtl
un passage de ton article me fait penser a cette femme que j'ai croisé a fontainebleau ... son chichi de deux ans se retrouvait en forêt hors de chez eux (dans ses bras) pour la toute première fois. Il ne faisait que trembler et grogner... il avait deux ans!!!! cébolamouuur