Ces derniers temps, j’ai réfléchi à la vie d’un c…
Ces derniers temps, j’ai réfléchi à la vie d’un chien moyen. Dans mes classes, je parle beaucoup du langage corporel des chiens, et à quel point c’est important que nous les comprenions avec nos capacités humaines limitées. Après tout, nous attendons d’eux qu’ils apprennent notre langage, et je pense qu’il est donc juste que nous apprenions le leur.

De nombreux propriétaires de chien n’ont pas la moindre idée que le chien a un langage au-delà de la queue qui remue (qui est souvent, pour ne pas dire toujours, mal interprétée). Donc voilà où en sont nos chiens. Ils essayent tout ce qui est en leur pouvoir pour communiquer avec nous, et nous ne faisons même pas attention. Pouvez-vous imaginer ce qu’ils doivent ressentir ? D’essayer encore et encore de vous expliquer qu’ils ont inconfortables, nerveux, anxieux, et personne ne les écoute. Ou d’être puni quand ils essayent d’expliquer de la seule façon qu’ils connaissent, et en vivant dans un environnement qui ne respecte aucun de leurs besoins.

Je suis persuadée que la plupart des problèmes de comportement courants sont le résultat d’une absence de compréhension du langage canin, ou pire la mauvaise interprétation de ce langage. Dans tout ce que j’enseigne aux propriétaires pour entrainer leur chien, je considère qu’apprendre le langage canin est 90 % de ce qui est nécessaire pour entrainer son chien de façon convenable et bienveillante.

Nous emmenons chez nous cette espèce complètement différente, qui a un comportement et une structure sociale complètement différents, et pourtant, nous ne prenons pas le temps d’apprendre comment prendre réellement soin d’eux. Nous avons une idée préconçue de ce qu’est un chien, ce qu’on pourrait appeler le syndrome de Lassie. Nous sommes aveuglés par notre ignorance, et nos chiens en payent les conséquences. Maintenant, on a un problème encore plus complexe. Nos chiens ne comprennent pas ce que nous leur demandons, mais voilà qu’arrivent « les éducateurs Tom, Dick ou Harry » pour infliger toutes sortes de punitions nocives et saugrenues à nos chiens...et nous les laissons faire parce que « les éducateurs Tom, Dick ou Harry » affirment que pendre en étouffant notre chien, le plaquer au sol, le frapper ou d’autres moyens de torture sont les méthodes que nous sommes supposé utiliser pour entrainer nos chiens. Et encore une fois, les chiens payent le prix de notre ignorance. Nous les mettons continuellement dans des situations qu’ils ne peuvent pas gérer, et nous les punissons parce qu’ils ont peur. Ils essayent de nous dire qu’ils ont peur, et nous les punissons encore.

Avant que vous soyez contrariés, je sais d’expérience que « nous ne pouvons pas tout savoir », ou comme ma mère disait : « tu n’es pas née en sachant comment faire tes comptes ». Cependant, il existe quelque chose qui s’appelle l’esprit critique, c’est-à-dire :

« L’analyse objective et l’évaluation d’une question dans le but de porter un jugement ».
Penser de façon critique signifie de porter un jugement raisonné, qui est logique et bien réfléchi. C’est une méthode de pensée où on n’accepte pas tous les arguments et conclusions proposés, mais où on va plutôt avoir une attitude qui questionne ces arguments et conclusions.

Sans cette capacité de pensée critique, la compréhension du comportement canin et des mécanismes d'apprentissage du chien (et ce n’est pas par des punitions de la part de l’humain), le résultat est que les chiens vivent dans un désespoir silencieux. Ou pas si silencieux, si les punitions infligées créent un chien agressif ou réactif.

Nous punissons nos chiens parce qu'ils sont des chiens. Les chiens avec qui nous partageons notre vie aujourd'hui, ont été principalement « fabriqués » par nous. NOUS les faisons aboyer ; NOUS les faisons détruire ; NOUS les faisons protéger une ressource ; NOUS les rendons dépendant de nous ; et NOUS n’aimons aucune de ces choses.

Nous voyons l’éducation et les interactions sociales comme des bonus accordés, si et quand, nous avons le temps. Personne ne les perçoit avec autant d’importance que la fourniture d’eau, nourriture et abri.

En dépit de nos fautes, nos chiens essayent si fort de comprendre la vie que nous leur donnons, et comme Henry David Thoreau a dit : « La plupart des hommes mènent une vie tranquille de désespoir » .

Une citation de Iddo Landau, docteur en philosophie, dans la revue « Psychology Today » : « La ligne de pensée semble être plus ou moins telle que suit : « La plupart des gens qui mènent une vie tranquille de désespoir le font probablement, car ils ont peur d’être eux-mêmes » .

Et nos chiens aussi ont peur d’être ce qu’ils sont. Personne ne devrait vivre une telle vie. Renseignez-vous ! Il y a plein de formidables ressources qui existent. Si vous n’êtes pas sûre qu’une source est fiable, n’hésitez pas à me contacter, afin que je vous montre comment séparer le bon grain de l’ivraie.



Publié le 13 février 2019, par Pam Dennison ;
Article original:
« Leading a Life of Quiet Desperation »

Traduit de l’anglais par Marie-Ange Saintagne ;
© 2019 Pamela S. Dennison