Si nous prenions le temps de définir la violence,…
Si nous prenions le temps de définir la violence, nous devrions parler de violences physiques qui peuvent exister dans différents types d’éducation canine. Frapper, taper, pincer, mordre, ... Cela peut être conseillé lorsque l’on éduque son chien et effectivement ce n’est pas une démarche d’éducation positive (R+P-). Mais si nous définissons la violence, nous serions forcés de parler également d’un autre type de violence, des violences plus insidieuses. Des violences psychologiques. Et là, c’est un peu plus compliqué...

Alors à quoi ressemble une éducation non-violente ?

Une éducation non-violente peut appliquer de la contrainte à partir du moment où elle n’est pas douloureuse. Cette ligne invisible entre inconfort et douleur n’est malheureusement pas forcément simple à voir. Un exemple : si j’appuie sur les hanches d’un chien, doucement, en tapotant à peine, sans lui causer la moindre douleur... J’obtiendrais sans doute un "assis" et cette méthode peut être effectivement non-violente. Par contre, c’est une méthode à base de renforcement négatif qui ne rentre donc pas dans l’éducation positive. Il est donc tout à fait possible d’avoir une éducation non violente sans faire de l’éducation positive.

Une éducation non-violente devra également prendre en compte l’état émotionnel du chien pour ne pas faire peser sur ses épaules d’autres types de violences. Par exemple pour un chien très sensible, le simple fait d’hausser le ton peut provoquer la fuite... Il y a là une forme de violence. Une éducation non violente doit donc pouvoir devenir extrêmement douce en fonction du chien et de ce qu’il est apte à supporter.

D’un autre point de vue, si tout le contact éducatif se passe dans l’inconfort, l’animal peut finir par en souffrir également et chercher à fuir tout ça. Pour lui ce simple inconfort a alors sa part de violence.

Et l’éducation positive, est-elle non violente ?

Elle peut être non-violente, comme tous les types d’éducation à partir du moment où on désire avoir ce type d’approche qui me parait, personnellement, fondamental. L’éducation positive dans son explication la plus simple se compose de "renforcement positif". Le renforcement positif étant l’ajout de chose que le chien désire, il n’y a pas de risque de rentrer dans une forme de violence. Mais l’éducation positive emploie également des "punitions négatives" qui sont des punitions par retrait. Pour qu’une punition fonctionne, il est obligatoire que le chien la craigne... et là nous pouvons avoir une forme de violence psychologique.

Par exemple : tant que le chien hurle, je n’ouvre pas ma porte d’entrée. Il s’agit d’une forme de punition négative. Dès qu’il se taira, nous ouvrirons, proposant un renforcement positif. Mais, peut-être que le chien hurle-t-il à cause de l’angoisse ? Alors attendre est une forme de violence... Tout dépend des causes des aboiements (excitation, habitude, angoisse,...).

Un autre exemple est assez régulièrement donné dans "les grandes dérives" sans être directement une méthode éducative, mais une "aide" autour de l’éducation. Il s’agit du fait de ne pas donner à manger à un animal durant plusieurs jours pour augmenter "artificiellement" sa motivation à obtenir de la nourriture. Il s’agit de dérives pouvant aller jusqu’à de la maltraitance, que nous ne recommandons absolument pas et qui sont en réalité rarissime en éducation positive...

L’éducation positive est une approche qui s’accompagne généralement d’une approche non violente, mais il reste intéressant de se poser des questions sur les notions d’angoisses et de duretés dans les punitions négatives. Le simple fait d’être dans le cadre du renforcement positif et de la punition négative n’est absolument pas garant d’une éducation non violente.

Et vous appliquez vous la non-violence avec votre chien ?
petit prince des marais

petit prince des marais

On discutait justement récemment avec des amis de violence dans l'utilisation du clicker (clic/récompense). Où s'arrête le plaisir du chien et où commence la violence psychologique ? difficile quelques fois de faire la distinction... surtout si on ne se pose pas la question.