C’est une scène presque classique chez beaucoup d…
C’est une scène presque classique chez beaucoup de personnes. Le chien a accès au jardin, vient le moment de rentrer à la maison … et il refuse de rentrer. Si on lui court après, il s’enfuit, impossible de l’attraper. On met des heures et des heures pour le faire retourner à l’intérieur.

Mais d’où ça vient ça ?

On pourrait penser qu’il s’agit d’un simple conflit de motivation entre l’intérieur et l’extérieur. A l’intérieur, il y a potentiellement du confort (tapis, panier, canapé, …), des ressources vitales (à boire, à manger), mais potentiellement aussi de l’ennui, de l’inconfort (chaleur, contact, …). A l’extérieur il peut y avoir des occupations (regarder les oiseaux dans les arbres ou les voisins passer), du confort (niche, tas de foin, …) et des tas de choses à faire (creuser, aboyer, …). On dit souvent que le jardin, c’est comme une pièce supplémentaire ça devient vite inintéressant et c’est tout particulièrement vrai lorsque l’on sort beaucoup son chien. Mais pour d’autres, c’est un peu la pièce où il y a la télé (de l’animation à observer) ou quelques trucs à faire (dépiauter un bout de bois, chercher des rongeurs …). Je trouve que ce n’est pas forcément bon signe que le jardin devienne important aux yeux du chien, mais c’est un autre sujet.

Donc peut-être que le chien ne veut pas rentrer parce que l’extérieur c’est vraiment mieux que l’intérieur. Si c’est la raison pour laquelle votre chien ne veut pas rentrer, il suffit de contrebalancer la tendance. Il aime mâchouiller ? Des jeux à mâchouiller sont dedans ! Il aime le confort ? On lui fait une zone extrêmement confortable (de son point de vue !). Chaque point qui a l’air mieux dehors devrait trouver un équivalent à l’intérieur, pour la chasse, on peut proposer des jouets distributeurs, même si ça reste très pauvre, ce sera toujours mieux que rien. Bref, nous enrichissons l’intérieur !

Mais est-ce vraiment la seule cause possible ? Non. Peut-être qu’un apprentissage s’est fait et que le moment où vous voulez qu’il rentre est identifié comme étant une super partie de jeu. Beaucoup de chiens aiment les courses-poursuites. Il suffit que le chien ait mal compris notre approche et soudain, le voila partit pour la plus endiablée des séances de jeu. Au plus l’humain s’énerve, court, essaie d’attraper, au plus c’est rigolo … Et le rendez-vous devient bientôt habituel !

Pour éviter cette situation, ne courrez pas après le chien, même si vous êtes excédé, ce n’est pas une bonne idée. En soit, vous pourriez autant lancer des parties de jeux qui vous poseront problèmes que faire peur à un chien plus sensible qui fuira tout autant et vous évitera avec soin dans ces circonstances.

Il y a beaucoup de causes possibles et assez souvent, le manque de sortie est de la partie. Néanmoins, ce n’est pas impossible de modifier cette situation. Tout d’abord, il faut trouver la cause exacte du problème et potentiellement, la cause, c’est simplement que le chien ne sait pas qu’il est censé rentrer. Pour ça, on peut faire un petit apprentissage tout simple pour apprendre la demande « maison ».

J’ai fait cette vidéo à ce propos :



Si l’apprentissage est trop difficile en liberté, on peut le débuter en longe et d’ailleurs, on peut mettre le chien en longe dans le jardin (sous surveillance) ! La longe traine derrière lui et vous pourrez beaucoup plus facilement l’attraper en cas de besoin (sans courir après !). Ce que je conseillerai pour les personnes qui ont cette difficulté régulièrement, c’est de fermer le jardin et d’oublier qu’elles en ont un pendant quelques temps. La totalité des sorties se font hors jardin, ce qui a beaucoup plus de chances de remplir les besoins du chien. Cette méthode est une méthode transitoire, le temps de trouver et de comprendre les causes, le temps de travailler dessus et de faire l’apprentissage. Néanmoins, elle peut également traiter une cause à elle toute seule : l’habitude. Nous avons vu quand nous avons abordé le jeu que la course-poursuite ou encore le fait de refuser de rentrer peut devenir un véritable rituel.

Dans tous les cas, ce moment ne doit pas devenir un combat et pour éviter de tomber là-dedans, c’est toutes nos façons de faire qu’il faut remettre en cause.